Réunis à Strasbourg du 27 au 30 octobre 2015 les mouvements membres du Mouvement des Travailleurs Chrétiens d’Europe ont rédigé deux déclaration, l’une sur le revenu de base et le problème des réfugiés, l’autre sur la COP21.

DECLARATION FINALE DU SEMINAIRE ET DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU MOUVEMENT DES TRAVAILLEURS CHRETIENS D’EUROPE

Le séminaire du Mouvement des Travailleurs Chrétiens Européen (MTCE) tenu à Strasbourg du 27 au 30 octobre 2015 s’est terminé par une déclaration finale sur deux problématiques : le revenu de base universel dans le cadre du travail digne dans une économie solidaire et la question actuelle des refugiés.

Le revenu de base
Dans certains pays, le débat à propos du revenu de base n’est toujours pas entamé. En revanche, dans d’autres, il est assez avancé. Par revenu de base nous comprenons un revenu minimal qui permet aux personnes de rester au-dessus du seuil de pauvreté et vivre dignement. Ce droit ne doit pas être associé au travail rémunéré ou professionnel.

Par ailleurs, l’application d’un revenu de base éviterait la stigmatisation des personnes qui pour une raison ou une autre n’ont pas accès au marché du travail. Nous devons œuvrer également à faire comprendre à ceux qui rejettent ce revenu de base que son application ne contribuera pas à rendre les personnes qui en bénéficieraient non productives pour la société. Nous considérons que le revenu de base est une mesure indispensable aujourd’hui puisque dans de nombreux cas, le travail rémunéré ne produit pas les revenus nécessaires pour vivre dignement.

Otto Meier

"Du travail, du pain et de la dignité - Le peuple veut et mérite une meilleure Europe."

 
« Alejandro Riege et Veronica Aversa sont clairement fatigués, mais certainement heureux. Pendant 3 semaines, ils ont marché de l’ultime frontière du nord du pays jusqu’à la capitale Madrid- comme d’innombrables compatriotes. La marche pour la dignité, on la nommait. Une protestation en marchant, contre la politique d’austérité du Chef du Gouvernement conservateur Mariano Rajoy. » ( vient du Badische Zeitung, 24.3.2014)
L’Espagne, le Portugal et la Grèce, toute l’UE se trouve à ce moment-ci dans un état pénible. La crise, qui règne depuis plusieurs années, commença comme une crise financière mais devint une crise de la dette. Cette crise a créé une certaine perte de confiance vis-à-vis la politique européenne, une politique qui se dirige principalement contre le projet européen-même. Le chômage, les conditions de travail précaires et les salaires insuffisantes constituent un défi considérable.  Une ampleur dramatique a atteint le chômage chez les jeunes, surtout dans les pays qui subissent le plus la crise. A cause de cela, la fracture sociale s’agrandit en Europe. Le fait que les riches s’enrichissent et que les pauvres sont de plus en plus nombreux est un scandale.
C’est la raison pour laquelle le MTCE pense qu’il est grand temps d’agir. Agir pour former une Europe sociale, équitable mais aussi crédible, convaincante et humaine, puisque nous pouvons assurer les valeurs fondamentales de l’Union Européenne et puisque nous pouvons modeler l’avenir de l’Europe. C’est seulement une Europe sociale et équitablement conçue qui pourra créer l’acceptation et l’assentiment, comme un sentiment d’appartenance pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses d’Europe.
Nous, le MTCE, en sommes convaincus: Si nous souhaitons donner un certain côté humain à la globalisation, il est temps de concevoir l’Europe comme exemple pour une justice sociale citoyenne. L’Europe de l’avenir doit être une nouvelle Europe, une Europe différente, une Europe capable de mettre en pratique les lignes directrices d’un modèle social européen. En ce qui concerne l’intégration sociale de l’Europe, le MTCE donne la priorité au travail avant le capital.

MTCE Conseil Européen 17-18 marsLe Mouvement des Travailleurs Chrétiens d’Europe, qui représente 20 mouvements  de 15 pays de l’Union Européenne et de la Suisse, exprime son refus le plus énergique du « préaccord » de entre l’Union Européenne et la Turquie sur les personnes réfugiées. Nous nous joignons à la dénonciation de cet accord qui sous-tend  un grave recul en matière des droits de l’homme.

Nous, pays de l’Union Européenne, ne pouvons pas signer un accord avec la Turquie contraire  au Droit International. Un accord qui viole les conventions internationales et européennes ratifiées par les États membres et qui interdisent expressément le renvoi de personnes qui sont objet de persécution ou victimes de guerre. Derrière ces flux migratoires il y a toujours l’inhumanité d’un système économique injuste dans lequel l’appât du gain prévaut sur la dignité de la personne et le bien commun; ou cette violence qui génère la guerre, la persécution, la faim.

Nous ne pouvons construire une Europe forteresse, avec de gens qui vivent tranquillement, mais malheureux, parce que nous ne pouvons cesser d’écouter les gémissements qui arrivent depuis le reste de l’humanité. Notre bien-être ne peut s’installer à la marge de ce que vivent d’autres peuples par-ce que le défi continue d’être dans la construction d’une Europe des personnes et non des marchés.

Le Conseil Européen des 17 et 18 mars est décisif, nous devons montrer à nos représentants que beaucoup d’organisations et de personnes ne veulent pas d’une Union Européenne qui peut violer les droits de l’homme et le droit international. Nous invitons à participer à toutes les mobilisations qui seront organisées afin d’exprimer le rejet de cette décision inhumaine.

Europe : où sont tes racines chrétiennes et humanistes? Faisons nôtres les mots de l’Évangile: “J’ai été étranger et vous m’avez accueilli”, ou nous serons complices, les uns par action, les autres par omission. Comme travailleuses et travailleurs chrétiens, nous renouvelons notre engagement pour travailler à une société juste, fraternelle et durable, en Europe et dans le monde. Avec le pape François nous manifestons que : ” l’heure approche de construire ensemble une Europe qui ne tourne pas autour de l’économie mais le sacralité de la personne humaine, des valeurs inaliénables”. “Nous avons à rompre la barrière d’indifférence  qui règne souvent en souveraine pour cacher l’hypocrisie et l’égoïsme” (Misericordiae vultus, 15). Est-ce que l’avenir de l’humanité ne nous importe pas ? Aujourd’hui résonnent avec encore plus de force les mots que Jésus-Christ nous a laissés dans son Évangile : ” je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” (Mt 25, 40)

Le « mouvement des travailleurs chrétiens d’Europe (MTCE) » s’adresse aux négociateurs de la COP 21 à Paris et invite les dirigeants politiques à promouvoir activement la mise en œuvre d’un accord sur le climat qui soit véritablement juste, contraignant et transformateur.

"L’environnement humain et l’environnement naturel se détériorent en commun, et nous ne serons pas en mesure de résoudre la destruction de l’environnement, si nous ne prêtons pas attention aux causes liées au déclin humain et social ... Aujourd’hui, nous sommes contraint d’admettre qu’une approche véritablement écologique engendre toujours une approche sociale, dont les débats sur l’environnement tiennent compte du facteur justice, afin d’entendre la plainte des pauvres autant que celle de la terre. »(LS pas. 48 et 49)

Par ce message central, à savoir le point de vue de l’hémisphère Sud et l’idée d’une « écologie holistique » (LS para. 10), Pape François reprend la préoccupation centrale du « Mouvement des travailleurs chrétiens d’Europe (MTCE)". Surtout dans le cadre de notre coopération internationale au plan d’action du « Mouvement mondial des travailleurs chrétiens », les développements dramatiques pour les populations dans l’hémisphère sud, la destruction de l’environnement et les dépendances qui engendrent des conditions inhumaines, deviennent visibles. Le message central de "Laudato si" est : la pauvreté et les questions environnementales sont inséparables. La question de la justice et la question écologique sont les deux faces de la même médaille.

La LOC/MTC - Ligue des ouvriers catholiques / Mouvement des travailleurs chrétiens du Portugal a organisé du 4 au 7 juin 2015 un séminaire sur le sujet : « Quel développement durable, avec du travail pour tous, avec une répartition des biens dans la justice et de la solidarité ? ». Des représentants d’autres mouvements européens dont l’ACO France étaient présents.

logo mtc-loc portugalDu 4 au 7 juin 2015 s’est tenu à Alfragide - Amadora un séminaire de formation promu et organisé par LOC/MTC - Ligue des ouvriers catholiques / Mouvement des travailleurs chrétiens, avec la participation des membres de Base-Fut, CFTL, FIDESTRA, CIFOTIE, JOC, LOC/MTC et de la Pastorale ouvrière du Portugal, KAB Allemagne, ACO, HOAC, USO et H+D Espagne, KAP République tchèque, ACO France et EZA - Centre européen pour les affaires des travailleurs, sur le sujet : « Quel développement durable, avec du travail pour tous et avec une répartition des biens dans la justice et dans la solidarité ? »

La séance d’ouverture a compté sur la présence du coordonnateur de LOC/MTC, José Paixão, de l’évêque auxiliaire de Lisbonne, Mgr. Joaquim Mendes et du vice-président d’EZA, Josep Calvó. Le coordonnateur de LOC/MTC a salué les participants nationaux et étrangers, ainsi que les organisations qu’ils représentent. Il a fait un bref résumé de la crise au Portugal et a souligné certains objectifs du séminaire. Le vice-président d’EZA a parlé des activités d’EZA, de la situation européenne et de l’importance de ces séminaires. L’évêque a adressé aux participants un message d’encouragement et de solidarité de l’Église à l’égard des mouvements de travailleurs chrétiens pour leur engagement et leur dévouement généreux face aux enjeux éthiques du travail humain.
Les autres sessions ont compté sur la participation des conférenciers suivants : Rogério Roque Amaro, économiste et professeur de sciences sociales et humaines, Armando Farias, sociologue et dirigeant de CGTP, José Fernando Almazán, ingénieur civil et président de HOAC Espagne et Elísio Estanque, sociologue et professeur à l’Université de Coimbra.

La première session a conduit à une réflexion sur le rôle du travail dans l’accomplissement de l’être humain, sur sa contribution au développement social et à la dignité des travailleurs et de leurs familles, mais aussi sur ce que nous devons changer au niveau de la notion actuelle de travail et au niveau de l’organisation de la société. Mais cette session a également permis d’énoncer les défis posés aux chrétiens pour que, dans leur capacité critique et selon les valeurs de l’Évangile, ils remettent en question la société dans laquelle nous vivons, qui ne tient compte ni de la dignité, ni de la justice, ni de la solidarité, ni de la fraternité, et trouvent des raisons pour participer activement à la construction d’une société plus juste, durable et humaine.

Suite aux attentats perpétrés à l'aéroport et dans le métro de Bruxelles, la ville qui représente le cœur de l'Europe, nous exprimons notre plus vif rejet de toute forme de violence. Nous continuerons à faire notre possible pour construire une culture de l'accueil qui éloigne toute tentation de discrimination qui pourrait-être suscitée par la barbarie du terrorisme qui a recommencé à frapper l'Europe. Le terrorisme est la négation absolue du respect de la vie des personnes, et de Dieu même qui vit dans elles.

Nous faisons notre les paroles du Cardinal Erdo, président du Conseil des Conférences Episcopales d'Europe : "En ce moment d’angoisse, nous appelons toutes les personnes de bonne volonté à ne pas se laisser gagner par la peur et à continuer de prier pour la paix en Europe, au Proche Orient et dans le monde.

Le Pape François nous rappel dans Evangelii Gaudium que "tant que l'exclusion et l'inégalité ne seront pas renversés à l'intérieur d'une société et entre les différents peuples, il sera impossible d'éradiquer la violence." C’est pour cela que, comme travailleurs chrétiens d'Europe, nous continuerons de travailler pour réussir à dépasser l'exclusion et l'inégalité en pariant sur le dialogue et le bien commun, en évitant des attitudes de haine et d'intolérance envers les personnes migrantes. Je termine en exprimant notre proximité et notre solidarité aux familles des victimes de ces terribles attentats.

 Manolo Copé

Coordinateur du Mouvement des Travailleurs Chrétiens d'Europe

 

 

Ce 3 mai 2016, le Mouvement des Travailleurs Chrétiens d'Europe (MTCE) et la Commission des Conférences épiscopales de la Communauté Européenne (COMECE) organisent un séminaire commun au siège de la COMECE à Bruxxelles à l'occasion du 125è anniversaire de l'encyclique Rerum Novarum. Le séminaire aura pour thème  "De Rerum Novarum (1891) a Laudato si (2015) L'enseignement social catholique comme référence pour le bien-être social et écologique.

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